PROBLÈMES ÉCOLOGIQUES : LA DÉCHARGE DE PAVIE

La décharge de Pavie dans le Gers illustre à quel point les problèmes écologiques sont devant nous. J'ai rencontré lundi 1er février 2016 les représentants des associations de riverains qui essaient de la faire fermer. Le traitements des déchets est devenue une compétence régionale depuis le 1er février dernier et permet donc de mener une politique en faveur de la transition écologique en faveur des habitants et de l'environnement et non plus au dépens d'eux.

 Les problèmes écologiques sont devant nous :

la preuve par l'exemple de la décharge de Pavie

Ils et elles sont quatre ce lundi 1er février 2016, représentants d'associations de riverains subissant depuis des années les nuisances d’une décharge, celle de Pavie dans le Gers. Ils ont souhaité nous rencontrer car ces associations et leurs membres comptent sur les élu-e-s du groupe Nouveau Monde en Commun pour relayer leurs revendications dans un contexte où la question du traitement des déchets est devenue une compétence régionale depuis le 1er février. Xavier mon camarade d'EELV et moi-même participons à cette rencontre riche d'enseignements.

Ils essaient de faire fermer cette décharge qui est un non-sens total. Ils participent en tant que citoyens à toutes les instances leur permettant de pouvoir s'exprimer, protester mais aussi proposer. Ils ont aussi saisi la justice, les procédures sont en cours. Ils ont fait faire des analyses, à leur frais. Un historique rapide : la décharge de Pavie a vu des déchets s'accumuler depuis 1972. De 1972 à 2000, aucune règle ne s'est appliquée ! Aucun contrôle sérieux n'a été effectué. Les déchets sont déposés à même le sol, aucun critère d'admissibilité n'est de rigueur. A partir de 2000, après l'adoption de la loi Voynet*, une autre décharge a été autorisée… venant se superposer sur l’ancienne. Les anciens déchets sont laissés en place, une plate-forme géante est réalisée et sur celle-ci, entre 2000 et 2011, une Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND) est créée et exploitée jusqu'au 31 décembre 2011.

Cette situation aurait pu peut-être avoir une autre issue à partir de cette date. Malheureusement au grand dam des associations qui demandent la fermeture de cette décharge, l'exploitant, Trigone, un syndicat mixte de production d'eau potable et de traitements des déchets du Gers, obtient l'autorisation de continuation et d'extension.

 Je vous passe les problèmes de pollution : les lixiviats ("jus" issus de l’eau de pluie et de la fermentation naturelle des déchets) qui se répandent et s'infiltrent, 35 mètres de déchets qui ne sont pas stables et qui ont tendance à glisser avec un sol non approprié, infiltrations... sans compter les problèmes d'accès !

Ce que souhaitent obtenir les associations c'est que nous interpellions la Région pour demander une véritable enquête indépendante et des analyses qui permettront de démontrer la pollution et son niveau. En tant qu’élu-e-s, notre démarche est donc de relayer cette demande légitime des associations. C'est sûr que le soutien ne viendra pas de l'exécutif du conseil départemental du Gers et de son président, l'éphémère ministre de l'écologie en 2013, Philippe Martin !

Nous garantissons à la délégation des représentants des associations de riverains notre appui et notre soutien plein et entier. Il faut que la vérité se fasse sur la dangerosité de ces décharges.

Mais au-delà de la décharge de Pavie, il nous faut interpeller la Région qui a désormais compétence sur le sujet (depuis le 1er février) d'autant que le Schéma régional sur ces questions de traitements des déchets devra être prêt pour janvier 2017. D'autres décharges posent problème depuis longtemps à nombre de nos concitoyens qui essaient de se faire entendre. D'autres décharges dont on va entendre parler, peut-être très rapidement (comme celle de Castries par exemple ?).

Aujourd'hui se pose concrètement la question des déchets, mais pas seulement lors de leur arrivée à la décharge : comment produire moins de déchets, donner les moyens en amont d'un tri sélectif efficace, permettre un contrôle citoyen du parcours de ces déchets. En une phrase, c'est une politique en faveur de la transition écologique qu'il nous faut mener en faveur des habitants et de l'environnement. Plus à leurs dépens.

Myriam Martin, le 3 février 2016

* Selon la Loi de 1992, il est interdit d’enfouir autre chose que des déchets "ultimes" depuis l’échéance de 2002. Si cette loi confirme la notion du déchet de la loi 1975, elle lui ajoute une définition relative au déchet "ultime". Ce dernier est défini comme "un déchet résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux".